Entre 2008 et 2009, un vent de fronde souffle sur la France...
Pros et Antis Madame de Lafayette s’affrontent : dans la presse, sur les réseaux sociaux, dans les universités, les lycées, sur les places des mairies, devant le Panthéon, la guerre des mots fait rage…
Le journaliste Pierre Assouline s’interroge : « Le Président veut-il la peau de Madame Lafayette ? ».
Depuis trois ans, Nicolas Sarkozy, à coup de petites phrases assassines, tente selon certains de « kärchériser » sa Princesse de Clèves. Ce faisant, il s’attaque à l’un des rares textes de femmes étudiés au lycée.
Réveillant au passage de vieux discours misogynes sur fond de querelle des sexes, les propos du président alimentent une polémique qui porte atteinte à la place des femmes dans la création et dans les instances de savoir.
Les défenseurs et défenseuses de Madame de Lafayette entrent en résistance : la romancière devient ainsi le symbole d’une France où la culture générale reste accessible à toutes et tous.
Dix ans plus tard…
Suite à une pétition émanant d’une enseignante et dénonçant l’absence d’œuvre de femme dans le programme de littérature du Bac L, la ministre Najat Vallaud-Belkacem choisit de mettre à l’honneur celle qui fut décriée quelques années plus tôt.
En choisissant La Princesse de Montpensier, première œuvre publiée de Madame de Lafayette, la ministre de l’Éducation nationale rappelle ainsi le rôle pionnier que joua cette autrice dans la naissance du roman moderne.